Jardin & extérieur

Housses et hivernage du mobilier de jardin : ce qui prolonge vraiment sa durée de vie

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Dans les rayons où j’ai travaillé, la housse de protection était un produit d’appel, presque toujours proposé en complément de vente au moment de payer le salon de jardin. Peu d’acheteurs prenaient le temps de vérifier si la housse proposée correspondait vraiment aux dimensions exactes de leur meuble, ni si son matériau était vraiment imperméable ou seulement déperlant. La différence entre ces deux termes n’est pas cosmétique : un tissu déperlant laisse passer l’eau après une exposition prolongée à la pluie, tandis qu’un tissu imperméable bloque l’eau mais retient parfois l’humidité à l’intérieur si la housse n’est pas aérée.

L’hivernage du mobilier de jardin n’est pas une étape optionnelle si vous voulez que votre investissement dure plusieurs années. C’est aussi, malheureusement, l’étape la plus souvent négligée, parce qu’elle arrive en fin de saison, quand l’attention est déjà tournée vers autre chose.

À vérifier avant de commander une housse ou de choisir une méthode d’hivernage

  • Les dimensions exactes de votre mobilier, mesurées vous-même, plutôt que de se fier à la taille standard annoncée par la housse (S, M, L), qui varie d’un fabricant à l’autre.
  • La différence entre un tissu imperméable et un tissu simplement déperlant, indiquée normalement dans la fiche technique du produit.
  • La présence d’aérations ou d’œillets sur la housse, essentiels pour éviter la condensation et la moisissure sous une housse totalement étanche.
  • Le système de fixation de la housse (cordon de serrage, sangles) pour résister au vent sans s’envoler ni frotter continuellement contre le meuble.
  • La résistance aux UV du tissu de la housse elle-même, qui se dégrade et se déchire si elle reste exposée au soleil toute l’année sans être rangée l’été.
  • La possibilité de démonter et stocker les coussins séparément dans un espace sec, plutôt que de les laisser sous housse toute la saison froide.
  • Pour le mobilier en résine, la nécessité ou non de le protéger du gel direct, car certaines résines deviennent cassantes à basse température.
  • Pour le bois, le calendrier d’entretien recommandé (huilage avant l’hiver) avant même de poser une housse, car couvrir un bois non traité ne remplace pas l’entretien.
Matériau du mobilier Risque principal en hiver Geste d’hivernage recommandé
Résine tressée Fragilisation au gel selon la qualité de la résine Stockage à l’abri si possible, sinon housse aérée
Aluminium Faible risque structurel, mais accumulation d’humidité sous housse fermée Housse avec aérations, nettoyage avant de couvrir
Bois massif Grisaillement accéléré et fissures si l’entretien annuel est sauté Huilage avant l’hiver, puis housse ou abri
Textile d’assise et coussins Moisissure si stockés humides, décoloration si laissés dehors Séchage complet puis stockage à l’intérieur ou en coffre étanche

Ce que j’ai appris à mes dépens

La première année où j’ai possédé un salon de jardin, j’étais persuadée qu’une housse bon marché générique suffisait à protéger n’importe quel mobilier, du moment qu’elle était vaguement de la bonne taille. Je l’ai posée directement sur le mobilier encore humide après une pluie, sans vérifier la présence d’aérations. Au printemps suivant, j’ai trouvé des traces de moisissure sur le dessous de la table et sur l’armature des fauteuils, un problème que je n’aurais jamais rencontré avec le mobilier laissé simplement à l’air libre.

Je ne regrette pas, depuis, d’avoir changé de méthode complètement : je démonte désormais les coussins avant chaque hiver, je les fais sécher complètement, et je les stocke dans un coffre étanche à l’intérieur d’un abri plutôt que sous la housse du mobilier. Cette étape supplémentaire prend du temps, mais elle a clairement prolongé la durée de vie de mes textiles d’extérieur par rapport à la première année.

Un détail que je vérifie systématiquement en achetant une housse aujourd’hui : la présence d’un ourlet renforcé ou d’un cordon de serrage en bas de housse. Sans ce détail, le vent soulève régulièrement la housse, ce qui use le tissu par frottement bien avant que le matériel protégé ne soit lui-même abîmé.

Housse individuelle ou abri complet : comment j’ai revu mon calcul

Face à un jardin qui accueille progressivement plus de mobilier, je me suis retrouvée à comparer le coût cumulé de plusieurs housses individuelles au coût d’un petit abri ou d’un coffre suffisamment grand pour tout ranger à l’intérieur pendant l’hiver. Le calcul n’est pas toujours en faveur de l’abri, en particulier si le mobilier reste utilisé une bonne partie de l’année et ne peut pas passer plusieurs mois entassé dans un espace fermé. Mais pour les régions où l’hiver est long et humide, ranger complètement le mobilier plutôt que de le couvrir sur place réduit nettement les risques de moisissure et de corrosion des parties métalliques, un facteur que je ne prenais pas en compte au début.

Un point que je vérifie systématiquement avant de choisir entre ces deux options est la fréquence réelle d’utilisation de mon jardin en hiver. Si le salon de jardin ne sert jamais entre novembre et mars, le rangement complet dans un abri ou un coffre devient clairement la solution la plus protectrice. Si au contraire le jardin reste utilisé ponctuellement même en saison froide, une housse de bonne qualité reste la solution la plus pratique, à condition de respecter les critères de ventilation déjà évoqués.

Enfin, pour les régions où le gel est fréquent, je vérifie systématiquement la résistance annoncée du matériau du mobilier à basse température avant de décider s’il peut rester dehors sous housse ou s’il doit impérativement être rangé à l’abri. Cette information, rarement mise en avant sur la fiche produit principale, figure parfois dans les questions-réponses laissées par d’autres acheteurs, une source d’information que je consulte désormais systématiquement avant de finaliser une commande de mobilier destiné à rester dehors toute l’année.

La couleur de la housse, un détail qui n’en est pas un

Un dernier point technique que je vérifie désormais et que j’ignorais complètement au début concerne la couleur de la housse elle-même. Une housse très foncée, exposée au soleil même en hiver dans les régions les plus clémentes, chauffe nettement plus qu’une housse claire, ce qui accélère la dégradation du tissu par les UV et peut, dans certains cas, provoquer une légère condensation supplémentaire par effet de température entre l’intérieur et l’extérieur de la housse. Ce n’est pas un facteur déterminant à lui seul, mais il s’ajoute aux autres critères de durée de vie du tissu, en particulier pour les régions au climat méditerranéen où l’ensoleillement hivernal reste important.

Je vérifie enfin, avant tout achat de housse pour un salon de jardin complet composé de plusieurs éléments distincts (table, fauteuils, canapé d’angle), s’il existe une housse unique enveloppant l’ensemble ou des housses séparées par élément. Une housse unique protège mieux les jointures entre les pièces mais complique le rangement si vous devez déplacer un seul élément du salon indépendamment des autres, un arbitrage à faire selon votre usage réel plutôt que selon la seule facilité apparente au moment de l’achat.

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